IL RODANO

Régime [modifier]

Le régime hydraulique du Rhône est caractérisé par des maxima automnaux liés aux pluies méditerranéennes, et printaniers en raison de la fonte des glaces. L’hiver présente souvent des débits soutenus mais moins marqués et le régime hydraulique minimum est estival.

Longtemps qualifié de « fleuve fantasque », en raison de ses crues puissantes (plus de 11 000 m³.s-1 à l’aval)[réf. nécessaire], il est d’usage de parler aujourd’hui de « fleuve dompté » depuis l’aménagement, sur sa partie française, par la CNR. En amont, sur sa partie suisse, il a subi de nombreux aménagements. Les crues de 1993-1994 et de 2002-2003 ont montré, que l’aménagement hydroélectrique ne gère que les débits ordinaires, mais n’empêche en aucun cas la formation de grandes crues similaires à celles du XIXe siècle.

Le Rhône se caractérise par la diversité de son bassin versant :

  • apports alpins soutenus entre mai et juillet (fonte des neiges et des glaciers)
  • apports océaniques d’hiver, à crues lentes (Saône)
  • apports méditerranéens et cévennols à crues violentes d’automne et étiages sévères d’été.

Il en résulte un régime hydrologique très complexe, et une très grande diversité dans la formation des crues et leur déroulement. On distingue les types de crue suivants[3]:

  • les crues océaniques, dans lesquelles la Saône joue un rôle prépondérant
  • les crues méditerranéennes extensives (janvier 1994), avec une forte contribution des affluents méditerranéens de rive gauche (Durance, notamment)
  • les crues cévennoles (septembre 2002) avec un rôle prépondérant des affluents méditerranéens de rive droite (Ardèche, Cèze, Gardon)
  • les crues généralisées (type 1856)

Le débit moyen interannuel du fleuve relevé à Beaucaire est de 1.700 m³.s-1 (données 1920-2005). On considère que le Rhône est en crue dès que son débit dépasse les 5000 m³.s-1.
Le record récent mesuré date de décembre 2003 avec un débit annoncé initialement à 13000 m³.s-1 à Beaucaire[4]. Le débit a été depuis révisé à 11500 m³.s-1 + ou – 5%[5]. Voir aussi CNR[6] et mairie d’Arles[7].

Les services de l’État, pour l’évaluation du risque d’inondation (élaboration des Plans de Prévention des Risques d’Inondation, PPRI), retiennent comme crue de référence la crue de 1856, estimée à 12500 m³.s-1 à Beaucaire : elle serait ainsi un peu plus forte que la crue de 2003.

La plus grosse crue historique est probablement celle survenue en novembre 1548, voire celle de 580. La crue millénaire, quant à elle, est estimée à plus de 14000 m³.s-1 (entre 14000 et 16000 m³.s-1, selon les auteurs, avec un consensus plus marqué pour 14000-14500 m³.s-1). Le Rhône est celui des cinq fleuves français dont le débit est le plus élevé.

Principales crues historiques [modifier]

Vers 175 av. J.-C., une importante crue du fleuve recouvre une large partie de l’agglomération d’Arles et provoque la destruction irrémédiable des quartiers sud. Ces quartiers périphériques méridionaux sont par la suite abandonnés pendant deux siècles. Vers 150, on a la trace d’une importante crue à Arles. Vers 280, des sources historiques indiquent une crue importante à Lyon, ravagée par une inondation. L’archéologie confirme à Arles la destruction par les eaux d’un habitat romain à la fin du IIIe siècle. 346 voit une crue généralisée du Rhône.

En 563, un éboulement situé dans la région de Saint-Maurice forme un barrage sur le Rhône avec montée des eaux en amont. La rupture du barrage, provoque une vague d’eau qui créa des dégats importants en aval y compris sur les berges du Léman. En 579 ou 580 (plus probablement en 580), a lieu une crue d’automne avec inondation à Lyon et à Arles. À Lyon, Grégoire de Tours rapporte : « au commencement d’octobre, après deux jours de pluies continuelles, le Rhône et la Saône entrèrent en crue. Chose qui ne s’était jamais produite, les deux rivières vinrent se rejoindre au milieu de la presqu’île et formèrent un courant si violent qu’une partie des murs de la ville fut renversée, d’où l’on peut juger du nombre de maisons qui durent être entraînées par les eaux. » A Arles, le cirque romain est abandonné après cette catastrophe. 618 voit une crue probable avec des inondations.

Le Rhône vu de la passerelle d’Illarsaz, dans le Bas-Valais.

En 808, une crue de printemps fait écrire « Cette année, l’hiver fut très « mou » et très pernicieux. On fut affligé à sa suite d’inondations terribles » et est suivie, l’année suivante, d’une crue d’hiver généralisée : « En 809, l’inondation surpassa toutes les inondations connues. Elle emporta les moissons des champs riverains et força les habitants des bords de rivières à chercher un refuge sur les hauteurs. L’abondance des pluies en fut la cause. Elle atteignit son apogée le 28 décembre. »

Lors de l’hiver 821822, des crues généralisées affectent la France : « Il y eut en France une si grande abondance de pluie que les fruits de la terre en furent perdus et qu’on ne put rien semer au printemps suivant. Les rivières sortirent de leur lit et les eaux se répandirent au loin dans les campagnes. » 868 voit une crue historique généralisée des fleuves à la suite de « pluies incessantes ».

En 1226, la crue d’automne (fin septembre) et des inondations en Avignon ont lieu peu de jours après la reddition de la ville aux troupes du roi Louis VIII qui assiégeaient la cité depuis le début de l’été. À quelques jours près, la cité eût été sauvée.

En 1308, une lettre du comte de Provence Charles II évoque les cultures détruites, les ponts emportés et les bestiaux noyés à la suite d’une crue. 1345 voit des inondations catastrophiques. À Arles, à la suite des inondations de 1352, le Chapître ne peut plus être ravitaillé correctement (d’après un texte du 5 octobre 1352) Les inondations catastrophiques se répètent en 1353, 1358, 1368 ou 1373 (la crue est mal datée, probalement, de 1372).

Le Rhône sort du lac Léman à Genève ; l’Arve est visible en avant-plan

La crue du 14 novembre 1396 fait écrire au chroniqueur arlésien Bertrand Boysset : « […] il y eut un grand déluge d’eau du Rhône et des marais… et noya Montlong, La Cape, la Haute-Camargue et les marais salants de Peccais. […] (A Arles) L’eau monta du lundi soir au mardi à l’heure de tierce, de onze palmes de hauteur… (soit environ 2m20). J’ai eu tant d’eau dans ma maison que cela recouvrait les six premières marches de l’escalier. » Les crues d’octobre 1398, décembre 1401 et février 1404 sont aussi signalées par le chroniqueur arlésien Bertrand Boysset.

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